Éthique et commerce mondial : l’obligation des entreprises de sourcer leurs produits de manière éthique

03/01/2024 0 Comments

Responsabilité éthique des entreprises dans l’approvisionnement de leurs produits

À l’orée de 2024, une nouvelle législation européenne sera mise en œuvre pour lutter contre les importations de produits issus de la déforestation. La responsable de ces importations non durables s’avère être l’Europe, qui est le deuxième contributeur à la déforestation globale, précédée uniquement par la Chine. Cet enjeu majeur force les firmes européennes à revoir leurs pratiques d’approvisionnement.

La réglementation qui change la donne

Les entreprises européennes se préparent à l’application d’un règlement récemment adopté, qui exige que les produits commercialisés sur le marché soient débarrassés de tout lien avec la déforestation. À compter de fin 2024, cette législation fera obligation aux sociétés de justifier l’origine éthique des ressources primaires qu’elles utilisent. L’objectif étant d’éradiquer ce que l’on désigne sous le terme de « déforestation importée ».

La nécessité d’une traçabilité accrue

Experts comme Léonardo Bonanni insistent sur l’importance de retracer l’origine des matières premières comme le caoutchouc, le cuir, ou encore le soja, dès les champs et les forêts de leur extraction. Bonanni souligne la complexité intrinsèque à collecter et vérifier une volumineuse quantité de données pour garantir cette traçabilité.

Des outils innovants au service de l’éthique

Face à la difficulté de démêler les filières d’approvisionnement, ponctuées d’intermédiaires en grand nombre, des solutions logicielles comme « SourceMap » ont vu le jour. Conçu par Bonanni, cet outil avancé permet de cartographier les filières et d’en séquencer les étapes précises grâce aux coordonnées GPS et à la technologie mobile.

Le contrôle par la cartographie

L’équipe de « Sourcemap » met en œuvre une comparaison minutieuse entre les données recueillies et les cartes de protection des forêts, en vue de repérer les anomalies, telles qu’une éventuelle déforestation active.

Sanctions et conséquences commerciales

Les sanctions éventuelles pour non-conformité pourraient atteindre jusqu’à 4% du chiffre d’affaires annuel des entreprises fautives au sein de l’Union Européenne. La responsabilité incombe alors aux entreprises de s’approvisionner auprès de sources plus écoresponsables.

Bien que le tableau actuel soit préoccupant avec 16% de la déforestation globale imputable aux importations européennes, cette nouvelle approche promet de refonder les pratiques commerciales dans une direction plus éthiquement soutenable.

Un long chemin reste à parcourir

Malgré l’avancement réglementaire, le parcours vers un commerce mondial éthiquement fondé est encore semé d’embûches, tenant compte de la part non négligeable qu’occupent les importations européennes dans les dégâts environnementaux mondiaux.

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